pochette de Wroombe Expérience

Début des années 90, l’auteur de ses lignes traîne ses guêtres dans le seul  bar rock séquano dyonisien, sis dans la ville de Livry Gargan. Cela s’appelait le Rock Avenue et c’était détenu par une bande de bikers, les Barbarians, qui étaient aux Hell’s Angels ce que Pepsi est à Coca, ou un truc du genre. Le nom du bar était inscrit avec des néons bleus sur la façade, et l’établissement n’ouvrait qu’en fin d’après midi jusqu’à 2 heures du matin, ce qui était exceptionnel dans le 9-3. Le repère était un peu mal famé, il faut bien l’avouer, et la clientèle, essentiellement masculine,  aimait bien porter des bombers, mais aussi des vestes en jeans ornementées de badges et d’autres écussons. Oui, il y avait aussi des métalleux, et en nombre. Les quelques filles présentes étaient toujours accompagnées, et il nous arrivait, mes potes et moi de ramener quelques copines de fac en manque d’encanaillement. Le lieu sentait évidemment la fumée, de temps en temps s’y jouait quelques concerts, et parfois les soirées se terminaient par des descentes de flics qui faisaient fermer l’établissement.

Au fond de ce pub se trouvait un juke box cd, avec une sélection hautement improbable. Je me souviens particulièrement de deux titres qui passaient en boucle, et il se trouve que ce sont deux reprises.

La première, est celle d’un groupe qui s’est fait connaître pour la fameuse histoire de la stouquette des Guignols, Treponem Pal, qui reprenait Kraftwerk

Autant dire que ça mettait une ambiance à fabriquer des glaçons.

Le deuxième titre, que j’aimais particulièrement, était celui d’un groupe plus obscur, puisqu’il s’agissait de Wroomble Expérience, un groupe de , qui reprenait, en prenant ses aises, la célèbre chanson Fever immortalisée par Peggy Lee :

Wroomble Experience est donc un trio de Nancy, un groupe avec deux basses qui plus est, le batteur n’étant qu’une boite à ryhtme. L’album dont est tirée cette reprise, Mauvaise Fièvre, mélange de rock et de . ne s’affranchit pas toujours de ce qui, aujourd’hui, peut apparaître un peu franchouillard. Il faut dire que l’époque, en France, dans le milieu du rock, est aux combos multi instrumentistes, du type de Mano Negra, Zebda ou Silmarils. Un trio presque lo-fi eût-du alors complètement trancher avec le reste de la production post Boucheries. Mais, sur certains morceaux,  Jeff du groupe Les Satellites, vient prêter main forte avec sa section cuivre et quand le chanteur de Wroomble Expérience chante en français, on a vraiment l’impression que l’on entend un remake des Satelittes.

Cependant, en réécoutant cet album 25 ans après, on est frappé par l’audace de ce groupe qui, en fin de compte faisait de l’indus débarassé des tics morbides. Certes, certains sons ont un peu passé, mais vu les moyens du bord,  on ne peut que saluer un résultat complètement déjanté et jouissif. Wroomble Experience, du nom du groupe à la pochette, ne se prend pas au sérieux et c’est ça que l’on saluait à l’époque. Toujours est-il que l’affaire semble avoir tourné court car on n’a plus de trace du groupe après 1993 alors qu’il était de tous les festivals 6 mois auparavant.

Il reste d’ailleurs difficile de trouver une bio complète sur le net, ni même une discographie exhaustive. Tout juste sait-on sur la pochette que le groupe est composé de Johhny R. de Meche et de Miguel, avec ça on ne va pas aller loin.

L’album n’est bien évidemment pas réédité, et on peut le trouver ici à un prix quand même élevé. A moins que vous n’ayez un peu plus de chance en brocante ou lors d’une convention.