Au tout début, il y a d’abord un auditeur de musique averti, déjà boulimique, toujours à l’affut des nouveautés, notamment indie-rock. Puis, il y a eu en 2003 un hors-série des Inrocks consacré aux du rock. Dans ce hors-série, il y avait une page consacrée aux oubliés des oubliés. Aux obscurs dont on venait justement de rééditer les albums – ou  parfois  même d’éditer tout court, pour la première fois, 30 ans après. Je lisais pour la première fois les noms de Bill Fay, Duncan Browne, des Aerovons, d‘Alexander Skipe Spence... J’étais fasciné par la trajectoire de ces inconnus. Je me suis en tête de me procurer tous les albums de cette page ! Heureusement, ça ne devait pas dépasser la dizaine. Heureusement aussi, l’époque était à la réédition – en cd – à tout va, agrémentée de somptueux livrets.

J’avais mis le doigt dans l’engrenage. Les sites de vente en ligne commençaient le cross selling. A chaque fois que j’achetais un cd, on m’en proposait un autre qu’un tordu de mon espèce avait aussi acheté. Le pire, c’est que j’étais souvent enthousiasmé par la musique contenue dans toutes ces acquisitions. Il se trouve que j’avais déjà une inclination  particulière pour les années 60, et notamment la pop , je fus donc comblé. Mais, de fil en aiguille, j’ai aussi été transporté vers d’autres horizons, la Library music, le Rock français des années 70, les bluesmen des années 30.. et j’en passe.

Car en 2003-2004 ont commencé à germer sur le Net une multitude de sites particulièrement féconds appelés les blogs musicaux. Des dingos de toute obédience, disséminés aux quatre coins du monde, se sont mis à partager, le plus souvent illégalement, toute leur discothèque de raretés, y compris des vinyles non réédités jusque là, qu’ils avaient eux même encodés. C’est comme ça que, nonobstant de nombreux achats de cd, je me suis mis à engloutir des gigas et des gigas de fichiers numériques. Comme beaucoup, je me suis retrouvé avec plus de musique que je ne pouvais écouter. Et surtout, je passais plus de temps à chercher les perles rares, sautant de blogs en blogs, saturant ma bande passante, qu’à réellement apprécier ce que je venais de trouver.

Aux début des années 2010, deux événements ont modifié mes habitudes d’écoute. Mon regain d’intérêt pour les vinyles et l’offre de streaming légale. En effet, l’avantage de Deezer ou Spotify, pour peu que l’on ait un abonnement, c’est que l’on peut écouter quasi instantanément ce que l’on veut, mettre des albums en favori, s’attaquer à une discographie entière d’un artiste, faire des playlists… tout cela sans encombrer les disques durs.

Mes étagères, en revanche, recommencent à être envahies de vinyles.. Des occasions, achetées souvent sur la bonne foi de la pochette, des rééditions aussi, maintenant que les maisons de disques se sont mises à republier leur catalogues (avec plus ou moins de bonheur reconnaissons-le), mais aussi des nouveautés, étant donné que, la plupart du temps, le cd ou la version mp3 est fourni avec le vinyle. Je ne m’étendrai pas sur les éternelles discussions concernant le son des formats. Le retour au vinyle est pour moi le retour à l’objet, mais aussi à une “manière” d’écouter. Mettre un disque sur sa platine, c’est d’abord devoir s’immobiliser pour l’écoute,  pratique qu’on avait passablement oubliée avec les mp3. C’est aussi, parfois, créer une histoire avec l’achat, notamment lorsque l’on discute avec un vendeur sur une brocante, ou bien chez son disquaire.

Une dizaine d’années se sont écoulées, donc, depuis le début d’une quête que je sais d’avance – et fort heureusement – jamais terminée. Il est bien difficile – pour ne pas dire impossible-  aujourd’hui de découvrir de nouvelles perles rares inconnues de personne – il y a toujours un olibrius pour publier sur youtube le moindre 45 tours poussiéreux qu’il possède. Néanmoins, beaucoup des rééditions en cd des années 2000 retombent peu à peu dans l’oubli, d’autant plus qu’il n’y a pas de nouveaux pressages ni de nouvelles éditions vinyles.

L’objectif est donc ici de faire un recensement forcément subjectif de ces disques oubliés, en essayant au moins de camper le décor pour chaque album… il est vrai que nous manquons parfois de littérature en français dans ce domaine. Vous ne trouverez pas sur ce site de lien de téléchargements, non pas parce que je voudrais jouer au père la morale, mais d’autres l’ont fait avant moi, et il n’y aurait aucune valeur ajoutée à ce que je le fasse. Qui plus est, ce qui m’intéresse c’est plutôt de diriger vers où l’on peut se procurer les albums en question, occasions ou neufs. Enfin, évidemment, les commentaires sont là pour apporter des précisions, diriger vers d’autres raretés, échanger des bons tuyaux etc. n’hésitez pas à vous en servir !

Lucas Parax

 

 

 

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