En écrivant ailleurs sur un de mes albums cultes des années zéros, j’essayais de me souvenir des autres disques s qui avaient tourné le plus sur ma platine (cd à l’époque) ou mon ordi. Il y avait bien évidemment Illinois de Sufjan Steven, From Here to here de Girls in Hawaï mais aussi Lonely Mountain de l’islandais Mugison. Et soudain, le nantais Gawin me revint à l’esprit. Avec son premier album bricolé tout seul à la maison, Sun in the box est resté inconnu pour une bonne fange de la population, comme nombre de premiers disques de pop rock auto-produits.

Dès l’intro du premier titre Slip Away, on se demande si le roulement de batterie (qui démarre juste après le début du chant) va vraiment tomber sur le bon temps, à l’instar d’un Ringo Starr dans I am the Walrus, et oui, ça tombe juste, mais l’impression de bancale y est. Et ça donne le ton à tout l’album. Il y a dans toutes les chansons de Sun in the box, cette impression que tout va s’écrouler à un moment. Il y a cette fragilité d’équilibre qui font inlassablement penser à Syd Barrett, Alexander Skipe Spence ou Simon Finn, mais avec pour Gawin une folie maîtrisée. Les mélodies sont souvent très pop et accrocheuses mais on ne peut pourtant pas les chanter sous la douche car il y aura toujours un petit rebond rythmique, un décalage de temps, une anacrouse iconoclaste qui viendront déstabiliser des chansons qui auraient pu être faciles d’accès.

Les registres empruntés sont variés et l’ensemble peut donner l’impression que ça part dans tous les sens, mais c’est justement en ça que Sun in the box est appréciable. On passe par du Post Punk façon Pixies enroué (Fatou) à Down qui serait une sorte de Yellow Submarine revisité par Frank Zappa, d’autres titres plus lo-fi (Promise) ou viennent compléter le panel. Il est temps, maintenant que cet album a tout juste dix ans, d’y jeter une oreille, d’autant que le cd se trouve encore à la vente et qu’on peut aussi l’écouter sur les plateforme légale de streaming.


Gawin continue ses expérimentations musicales en solo et joue aussi dans le groupe Moustache Museum.