Parmi les nombreux phénomènes inexpliqués, il y a celui-ci : la décennie est l’unité de temps que l’on applique à la musique moderne, du moins à partir du rock. Spoiler : dans trente ans on va de nouveau être dans les fifties, et ça va devenir compliqué pour les critiques musicaux.
Bref, une décennie s’achève, donc, et, comme à peu près sur tous les sites musicaux, on va donc retrouver un albums 2010-2019. Des albums originaux, pas des rééditions. Alors, oui, on est loin des disques obscurs. Mais, si jamais j’ai encore le courage dans quelques années, il faudra bien que je chronique des disques obscurs des années 10. Et pour cela avoir une sorte de référence, peut aider. Et puis, il faut dire aussi que j’affectionne particulièrement les listes.

Du revival et de l’autotune, mais pas de style

Les années zéro avaient connu plusieurs phénomènes importants : Radiohead, dès le début, imposait son règne avec Kid A et Amnesiac, l’on a assisté au retour du rock (White Stripes, Franz Ferdinand, The Libertines, The Strokes etc.), mais il n’y a pas eu de style marquant comme le grunge et le trip-hop des nineties, ou le hip-hop et la new-wave des années 80.
Et bien, on peut dire pareil pour les années 10. Tout juste peut-on noter une appétence pour le revival en tout genre, et une montée en puissance de l’insupportable auto-tune dans les musiques dites urbaines, ce qui s’est traduit par une variétisation du rap en France – mais aussi par une uniformisation par la soupe du Hip-Hop un peu partout ailleurs.

Ce top albums, qui est on ne peut plus subjectif et personnel, fait la part belle à la scène française, qui elle semble s’épanouir – et s’être débarrassé des tics des affreux jojos des années 2000 (Vincent Delerm, Biolay etc.) pour proposer de vraies créations, en français, en anglais… et même en allemand.

Pour le reste, on est allé piocher, à droite à gauche, des albums qui sont restés sur la platine ou dans les playlists… A noter que la contrainte imposée n’est de mettre qu’un seul album par artiste, histoire de varier les plaisirs
Lucas Parax



50 – Bang On – [Sic] (2012)

À 21 ans, le Liverpuldien Elliott Egerton, aka Bang On, a sorti un album de hip hop hargneux, qui emprunte aussi bien au dub, qu’au punk et au rock. C’est crade, ça remue, et c’est bon.

49 -Vanishing Twin – Choose your own adventure (2016)

Le quintette emmené par Cathy Lucas avait ouvert sa discographie avec un album qui pourrait faire penser du Stereolab expérimental.  Une production luxuriante et des compositions déguindandées.

48 -L’impératrice – Mata Hari (2018)

De la diso-pop en français, intelligente et furieusement dansante, le sextet parisien a réussi son premier album.

47. Temples – Sun Structures (2014)

Le premier album des britanniques revisitent le psychélismee à l’anglaise, on pourrait croire d’emblée que l’on écouter The Byrds, mais il n’en est rien. Le revival fidèle laisse place à de jolies chanson. Le groupe confirmera par la suite en se renouvellant pas mal, notamment dans le dernier album paru cette année.

46 – Baxter Dury – Happy soup (2011)

Quelle boufée de fraîcheur nous avions eu lors de la sortie de Happy Soup. Des mélodies entêtantes, répétées à l’infini, avec des choeurs féminins d’une sensualité technicolore. Un son de basse est prodigieux, des arrangements dénudés mais tellement justes, un song writing classieux. Les albums suivants, malheureusement, n’ont été que redites.

45- Jacco Gardner – Cabinets of curiosity (2013)

Le premier album du néerlandais, en mode revival sixties totalement assumé, nous avait vraiment bluffés. Il n’était pas le seul dans la première moitié de la décennie à revisiter les sonorités des groupes tels les Yardbirds, et autres Pink Floyd, mais Gardner l’avait fait avec brio. Il n’a cependant pas confirmé avec les albums suivants, décevants.

44 – Joanna Newsom – Have One on Me (2010)

Il fallait avoir une certaine audace pour sortir un triple album de bizarre où la harpe règne. Il faut aussi accrocher à la voix perchée et nasillarde de Joanna Newson. Pourtant  Have One on Me propose 120 minutes de toute beauté qui n’ont pas pris une ride, dix ans après.

43 – The Psychotic Monks – Private Meaning first (2019)

Le groupe parisien restitue le chaos avec brio. Entre garage et Shogaze, Private Meaning First laisse très peu de temps pour se reposer. L’écoute est tendue, nerveuse, et on se réjouit que le bruit, de nouveau, fasse sens.

42 -Ty Segall & White Fence – Joy (2018)

Ty Segall est inconstestablement une des figures rock de la décennie. Il sort ici des  sentiers battus (pour peu qu’il les ai un jour empruntés) avec son ami White Fence pour une demi heure de folk pop déjanté… mais maîtrisé. On ira bien sûr écouter le reste de sa discographie, plutôt touffue !

41 -Anoushka Shankar – Traveller (2011)

Si vous n’aimez ni la musique indienne, ni le flamenco, vous aurez dû mal à trouver une grâce à cet album. Et pourtant de grâce, il en en est rempli à ras bord. Le pari aurait pu tourner au grotesque, car, après tout, marier ces deux styles de musique peut donner lieu à caricature. Mais quand on est la fille de Ravi Shankar, on maîtrise son sujet. Et, en dépit d’une vélocité épatante de la part de la soeur de Norah Jones, on ne tombe jamais dans le concours de mitraillette. Une vraie réussite.

40 -Aquaserge – Laisse ça être (2017)

Pour leur sixième album, les toulousains d’Aquaserge produise un album dadaïste, mais accessible, avec une incroyable maîtrise technique.

39 – The Lemon Twigs – Go to school (2018)

Les deux frangins américains ont sorti l’artillerie lourde pour leur deuxième album. Un opéra rock aux mélodies bigarées, un concept album directement inspiré du glam rock (mais pas que). Avec Todd Rundgren en prime, qui a pu être aussi une source d’inspiration.

38 – Orchestre tout puissant Marcel Duchamp – Rotorotor (2014)

Le troisième album du groupe français est produit par John Parish. Rotorotor est excentrique avec une musique maîtrisée, sauvage et apprivoisée. Les multiples influences africaines, pop et jazz se croisent sans jamais s’entrechoquer. Un album fascinant transporté par la voix de la chanteuse Liz Moscarola.

37 – EL-P – Cancer 4 cure (2012)

Troisième album solo du rappeur et producteur EL-P, on apprécie les beats lourds et le hip-hop sauvage de ce Cancer 4 cure. Loin, bien loin des ersatz vocodés – et parfois sirupeux – de ses pairs durant cette décennie.

36 – Thundercat – Drunk (2017)

Cet album solo du bassiste, chanteur et producteur Stephen Lee Bruner, aka Thundercat, produit entre autre par Flying Lotus, n’est pas ce que l’on peut appler mainstream. Une jazz fusion décérébrée, absolument réjouissante, et album touffu. De nombreux featuring, notamment avec Kendrick Lamar et Pharell Williams  pour  un résultat déstabilisant.

35 – Benjamin Clementine – I tell a Fly (2017)

Le deuxième album du pianiste, chanteur et poète Benjamin Clementine laisse peu de répit à l’auditeur, et c’est ce qui nous plaît ici. Des morceaux aux structures complexes, avec des arrangements souvent baroque (le clavecin est omniprésent), et une voix toujours au firmament. On ne peut rester indifférent. Mais, il est vrai, ce n’est pas pour toutes les oreilles…

34 – Shannon Wright – Secret Blood (2010)

Le neuvième album de la trop sous estimée Shannon Wright n’est pas forcément de tout repos. Âpre et torturé, Secret Blood n’en pas moins très beau.  Et d’ailleurs des beaux albums, elle continuera d’en écrire toute la décennie…




33 – Mike Patton, Jean Claude Vannier – Corpse Flowers (2019)

La rencotre du compositeur de Melody Nelson et du chanteur de Faith no More et Fantomas, ne pouvait qu’intriguer. Au final, un album détonnant où l’on reconnaît la patte des deux pour notre plus grand bonheur.

32-Gonjasufi – Callus (2016)

Si la matrice de Sumach Ecks aka Gonjasufi est le hip hop, elle se dilue rapidement dans un patchwork indéfinissable de rock, d’indus et d’une ambiance lo-fi liant tout cela.

Malgré ses divagations multidirectionnelles, Callus est d’une étonnante homogénéité. Gonjasufi réussit le tour de force d’unifier des forces contraires en un seul son – plutôt âpre, il est vrai. Munis de vos oreilles averties qui en vaudront quatre, vous pourrez constater que l’extravagance maîtrisée de Gonjasufi est une vraie musique de vingt et unième siècle.

31 – Meridian Brothers – Salvadora Robots (2014)

Une musique festive, bordélique, savante et totalement imprégnée de l’Amérique du sud, c’est ce que proposent les Colombiens de Meridian Brothers, incarné par Eblis Rodriguez. Salvadora Robots est réjouissant de bout en bout avec ses guitares chancelantes et ses rythmes extravagants.

30 – Roots -Undun (2011)

Le onzième album du groupe de Hip-Hop Roots, s’éloigne doucement du hip-hop pour se rapprocher d’une soul onctueuse. Mais qu’on se n’y trompe, il s’agit encore d’un album de hip-hop, mais d’une musicalité étonnante. Un petit bijou auquel Sufjan Steven a participé.

29 – Girls – Father, Son, Holy Ghost (2011)

L’éphémère groupe de Christopher Owens aura conclu sa discographie avec un petit bijou de surf pop. Les paroles doucereuses et sucrées, qu’on espère second degré, sont portées par une musique résolument joyeuse et qui fait du bien par où elle passe.  Alors que Girls était la hype du début des années 2010, on a bien vite oublié ce groupe. Il faut dire qu’à part un honnête Lysandre, Christopher Owens n’a pas particulièrement brillé en solo.

28 – Rover-Let it glow (2015)

Avec Let it Glow, Rover s’impose comme l’un des songwriters pop français les plus talentueux doté d’une voix de crooner surpuissante. La classe incarnée.

27 – U.S Girls – Half free (2015)

Le projet U.S. Girls, porté par Meg Remy depuis une décennie, trouve son apogée avec ce pétillant et acidulé Half Free. Un des meilleurs disque de pure pop de la décennie.

26 – Deradoorian – The Expanding Flower Planet (2015)

Angel Deradoorian a été membre de Dirty Projectors et ça n’étonnera personne à l’écoute de son premier album solo The Expanding Flower Planet. Mais, loin de ne faire que singer le groupe New Yorkais, elle propose des mélodies raffinées, parées d’influences japonaises et arméniennes qu’un fond Krautrock vient parfois soutenir. La multi instrumentiste livre ici un album audacieux et beau,agrémenté d’une magnifique voix couvrant plusieurs octaves…

25 – Ariel Pink – Dedicated to Bobby Jameson (2017)

Un album dédicacé à Bobby Jameson ne pouvait pas ne pas figurer ici. Un album un peu moins foutraque que ses précédents. Les chansons d’Ariel Pink mélangent toutefois toujours les sixties et eighties avec brio, et toujours, souvent, ce petit son lo-fi si reconnaissable.

24 – Kim Gordon – No Home record (2019)

Kim Gordon sans Sonic Youth, on pouvait avoir un peu peur. Et pourtant, l’on se rend compte avec ce premier album solo, qu’elle était bien la pièce maîtresse du groupe. Il ne s’agit absolument pas d’une copie du groupe phare du noise, mais bel et bien un album personnel. On reconnait certes la manière de chanter, et l’on pense aussi sincèrement qu’elle est la seul à pouvoir brailler Air B n B sans avoir l’air ridicule, bien au contraire. Une très bonne surprise.

23 – Forever Pavot – Rhapsode (2014)

Forever Pavot, c’est Emile Sorin qui, tout seul comme un grand, a fabriqué un album incroyable de psychédélisme vintage. Mêlant tour à tour pop baroque et musique de film italienne, Rhapsode est loin de n’être qu’un album de plus dans le pur style « Revival », il est tout simplement magique. Il a, de plus, confirmé que ce n’était pas qu’un ballon d’essai avec  son très bon deuxième album La Pantoufle.

22 – La Femme – Psycho Tropical Berlin (2013)

On ne peut pas dire que La Femme ait laissé indifférent. Souvent sujet à raillerie, le groupe français a pourtant trouvé une voie originale entre surf music et new-wave, et l’efficacité de leur composition est assez exemplaire. Le tout a été confirmé avec un deuxième album du même tonneau…

21 – The Dø – Shake Shook Shaken (2014)

Le duo Franco-FInlandais a fourni dans ce troisième album des compositions impeccables, véritablement soignées et réhaussées par des arrangements électro résolument modernes. Shake Shook Shaken est un album qui rassemble le plus grand nombre sans jamais ne céder à la facilité

20- The Electric Soft Parade – Idiots (2013)

Le groupe le plus injustement mésestimé de la pop anglaise depuis Boo Radleys. Et ce dernier album qui passa presque inaperçu, est un bijou de pop flamboyante. Les frangins White n’avait pas fait mieux depuis le culte Hole in the Wall.

19 – Unknown Mortal Orchestra – Unknown Mortal Orchestra (2011)

Quatre albums en constante évolution depuis ce premier paru en 2011. Et si nous saluons celui-ci, c’est qu’on a su dès le début que l’on avait affaire à un grand groupe. Mais les deux derniers du groupe américano-zélandais aurait pu tout aussi bien figurer dans ce top.

18 – King Gizzard and the Lizard Wizard – Nonagon Infinity (2016)

Avec 15 albums en 7 ans, King Gizzard and the Lizard Wizard est aussi prolifique que Ty Segall. Le groupe australien est la grande claque rock de ces années 2010. Tout y est abordé dans cette déjà grande discographie, de l’indi au psyché, en passant par le métal et le folk.

Cet album est résolument rock, on remue la tête de partout, on bouge ses fesses… mais la notion d’album est très vaporeuse chez King Gizzard, c’est vraiment les oeuvres complètes qu’il faut écouter.

17 – Heimat – Heimat (2015)

Le premier album de Heimat, duo français composé de Olivier Demaux de Cheveu et d’Armelle Oberle de The Dreams est un bricolage classieux de sonorités empruntées à de vagues zones industrielles et de mélodies savamment pop soigneusement chantées dans la langue de Goethe.

Cet assemblage de bric et de broc ne sonne pourtant pas expérimental, et l’on se surprend à une certaine familiarité dès la première écoute. Éthéré et urbain à la fois, Heimat nous plonge dans une grâce extatique dont on ressort réjoui, avec cette envie pressante d’y retourner. La voix d’Amelle, enchanteresse, et les triturations de synthé d’Olivier, qui semblent couvrir un vaste champs de couleurs électroniques ont un effet assurément addictif.

16 – Melody’s Echo Chamber – Melody’s Echo Chamber (2012)

Le premier album de la française, produit par Tame Impala, semblait promettre une résurrection de Margo Guryan. L’album suivant, tout aussi bon, confirme que nous avons affaire à une des plus grandes représentantes du psychédélisme français.

15 – John Cunningham – Fell (2016)

Il aura fallu attendre quatorze ans pour que, de nouveau, John Cunningham donne une leçon de pop, voire de pop baroque, à tout le monde. Album prodigieux de bout en bout.

14 – Suuns – Hold/Still (2015)

Confinées dans un monde sourd et lointain, les chansons de Hold/Still offrent des paysages lunaires variés pour lesquels les repos, réels et doux, laissent transpirer leur fragilité. Et on ne sait qui, des guitares acérées et âpres ou des beats explosifs vont venir faire valdinguer chaque moment de répit.

La réussite du troisième album de Suuns est de proposer une avant-garde qui nous est familière. Il y a pourtant de l’inouï dans Hold/Still, mais qui nous arrime dès la première écoute dans des terrains à la fois imaginaires et connus. Une exploration audacieuse qui manque un peu trop souvent dans le pop rock de nos jours

13 – Vampire Weekend – Contra (2010)

Difficile de choisir un album parmi les trois éblouissants de cette décennie. Alors rendons grâce à Contra, celui qui figea Vampire Weekend dans les groupes sur lesquels il fallait compter. L’introduction de sonorités africaines dans des morceaux pop maîtrisés y est pour beaucoup.

12 – Michelle Blades – Visitor (2019)

Surprise fabuleuse de cette fin de décennie, la panaméo-mexicaine qui vit en France Michelle Blades livre un album indé solaire. Les compositions s’enchaînent avec leur univers propre, et même si des tonalités Zappaïennes peuvent être parfois convoquées, ça ne part pas dans tous les sens.

11 – Altin Gun – on (2018)

Le groupe néerlandais, féru de rock anatolien des années 70, a remis cette musique au goût du jour avec un album enthousiasmant, par des membres qui ont écouté des rééditions notamment de Finders Keepers. Le deuxième album est tout aussi bon.

10 – Foxygen – We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace And Magic (2013)

Les duettistes de L.A. avait réussi en 2013 à faire un album de 1966 qui sonne neuf. On a réellement l’impression à l’écoute de No Destruction d’entendre les Stones période Aftermath, une échappée de Lennon qui aurait boeuffé avec The Troggs sur On blue mountain, de découvrir un nouveau morceau des Kinks sur San Francisco, et l’on pourrait citer à foison d’autres influences. Mais, on pense aussi beaucoup à MGMT. Du MGMT avec un son crade, d’époque.

La réussite de l’album tient au saupoudrage parcimonieux de trouvailles forcément contemporaines. Le décompte de l’incipit de On blue mountain, le synthé faussement 80 de Shuggie, la voix suraigüe du pont de Oh yeah et quelques autres encore.

Par dessus tout, un songwriting taillé au cordeau.  Malheureusement, l’essai ne s’est jamais véritablement transformé, et les albums suivants de Foxygen, malgré quelques perles, ont déçu…

9 -Feu Chatterton ! Ici le jour (a tout enseveli) (2015)

Feu Chatterton !, c’est un peu comme si Ange était réapparu dans des habits de vingt-et unième siècle (bien habillé donc), les délires en moins, la maîtrise en plus. Juste assez arty pour énerver quelques uns et complètement talentueux pour enchanter les autres.

Reste qu’il s’agit dès le premier album d’un groupe mature, qui a toujours joué ensemble et ça se sent lors de leurs concerts. Le deuxième album a confirmé le talent de ce groupe qui sait mettre des paroles poétiques (vraiment poétiques pas du texte de chanson à textes) sur du rock.

8 – Metronomy – Love letters (2014)

On aurait tellement pu croire à une comète Hype lors de la sortie Night Outs, que l’on est surpris d’être encore surpris par le groupe pop électro mené par Joseph Mount. C’est le cas pour ce Love Letters, et ça sera le cas aussi pour le dernier Metronomy Forever, au titre bien indiqué.

7 – David Bowie – Blackstar (2016)

Comment mieux finir une vie et une oeuvre en beauté qu’avec ce Blackstar. Si beau qu’il a souvent été impossible de l’écouter les mois suivant la mort de Bowie. Du génie crépusculaire.

6 – Deerhunter – Monomania (2013)

Des quatre albums parus dans les années 2010  de Deerhunter, aucun n’est à jeter. Ils sont même tous bons. Il fallait bien en choisir un !

Si le pop-rock n’était que la rencontre frontale du rock, forcément sauvage, et de la pop, forcément mélodique, et que cette rencontre ne serait pas une fusion mais plutôt une juxtaposition de ces deux « styles » qu’on fasse vraiment la distinction, mais que jamais il n’y ait un hiatus, si le pop-rock n’était que cela alors Monomania serait l’album de pop rock par excellence.

 

5 – Chassol – Big Sun (2015)

Une épopée musicale en Martinique par un compositeur à la fois sérieux et fantasque. Un album absolument déconcertant de découvertes et de beautés, un voyage musical comme il en existe peu.

4 – Of Montreal – False Priest (2010)

Difficile de se hausser aussi haut que Hissing Fauna. Toujours est-il que ce False Priest aux accents délibérément funk est quand même un album foutrement génial et bien trop souvent mésestimé. La tournée qui a suivi, était, qui plus est, la plus démente qu’il ait faite. On bouge ses fesses à l’infini avec ces chansons bariollées de Kevin Barnes.

3 – Grizzly Bear- Shields (2012)

Il n’y a rien  de plus fantastique que d’être surpris à chaque écoute  d’un album par les multiples trouvailles qui s’y nichent. Et c’est exactement ce qui fait la saveur de ce Shields. Avec Grizzly Bear, on touche à l’orfèvre : rien de criard, tout dans la subtilité. L’album suivant, Painted Ruins, paru en 2017, est tout aussi bon.

2 – MGMT – Congratulations (2010)

Le deuxième album de MGMT, après l’iconique Oracular Spectacular, donne le la à la décennie. Celle des albums ambitieux et multidirectionnels. Rien que la chanson Flash Delirium contient à elle seule des idées pour un album. Mais là où Congratulations est remarquable, c’est qu’il reste très accessible, (le suivant, le sera beaucoup moins), et que chacune de ses chansons est un joyau de pop baroque et bariolé.

1 – Dirty Projector’s – Swing lo Magellan (2012)

 S’il y a un album qui m’a suivi toute cette décennie, c’est bien ce Swing Lo Magellan de Dirty Projectors. Le groupe à géométrie variable de Dave Longstreth n’a jamais été aussi bon qu’à cette époque, c’est à dire quand était présente sa compagne du moment Amber Coffmann, alors guitariste du groupe. Après Bitte Orca la décennie précedente, Swing Lo Magellan déploie ici un songwritng exceptionnel, les mélodies sont on ne peut plus ciselées. Les choeurs féminins ) sont la touche nécessaire qui apportent cette couleur si singulière aux remarquables chansons de l’album.

A noter que cet album fait partie de l’Anti-discothèque de Christophe Conte