L’histoire plutôt simple du groupe Complex, n’est pas loin de faire penser à celles des Aerovons, à ceci près que les Aerovons étaient des américains qui sonnaient anglais, et que Complex, c’est un petit peu l’inverse – mais pas totalement.




Complex était un groupe anglais formé en 1968  par de jeunes ados : le guitariste Brian Lee, le chanteur et batteur Tony Shakespeare,  le bassiste Lance Fogg et le guitariste rythmique Tony Fisher. Après quelques premiers changements de personnel, au début des années 1970, le line-up se compose de Lee, Shakespeare et Fogg avec l’ajout de Steve Coe aux claviers. Ils étaient basés à Blackpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre.

Un maman manager

Le manager de ce jeune collectif n’est autre que la mère du guitariste, Brian Lee. Et cette charmante dame a comme idée en tête qu’il faut faire un album démo pour les envoyer aux salles de concerts afin de trouver quelques dates,  mais aussi aux maisons de disques, dans le mince espoir de décrocher un contrat.

En novembre 1970, Complex enregistre donc son premier album, dans la salle à manger des parents qui deviendra plus tard le « 107 studio ». Le groupe se produisant lui même, le son n’est quand même pas très reluisant, mais suffisant pour une démo. Cette démo sera pressée à la sauvage dans une usine en Ecosse, pour un résultat sonore franchement pas au niveau, et seulement à 99 exemplaires, pour éviter de payer une taxe due à partir de 100 exemplaires… Ajoutez à cela le fait qu’à cause d’un défaut de fabrication, la pochette s’est retrouvée plus petite que le disque, il a fallu donc mettre et la pochette et le disque dans une surpochette blanche unie. D’un point de vue marketing, on a vu mieux.

La musique, elle se défend très très bien, entre un vent de psychédélisme proche de H.P. Lovecraft, par la présence imposante de l’orgue notamment, des belles mélodies chantées dans les aigues,  une guitare fuzz qui parfois vient déchirer des montées un peu prog, on a – comme pour les Aerovons – un disque d’une étonnante maturité, gâché quelque peu par le son.

Avec si peu d’exemplaires, vous imaginez bien que lorsque  les aficionados de rock psyché ont eu vent de l’existence de cet album, ils se sont précipités pour l’acheter à prix d’or. Quelques exemplaires, en effet, avaient quand même pu circuler et soit arriver chez des particuliers, soit se se retrouver dans quelques disquaires d’occasion. Au début des années 2000 un exemplaire est parti à 2000 euros sur Ebay !



Deux albums à 99 exemplaires… pour ne payer de taxes

Complex a enregistré en 1972 un deuxième album, The Way We Feel , presque dans les même conditions, mais au lieu d’enregistrer dans la salle à manger, le groupe s’est orienté vers un pub à Freckleton.

Un bootleg non autorisé du premier album a été réalisé en 1991, mais la qualité du son était pire encore que l’original. Une parution, officielle celle là, des deux albums a eu lieu en 1999, avec quelques bonus pour la version cd. Les espagnols de , eux, les republient dans leur artwork original en vinyle 180 g en 2012. Malgré cela, ce premier album éponyme est sold out chez .

Complex a continué à jouer jusqu’à la fin des années 70, en changeant de line up, mais toujours sans connaître le succès. Steve Coe, le claviériste, rejoindra le groupe Monsoon, et avoir un tube : Ever so lonely.

Complex s’est reformé il y a quelques années pour jouer essentiellement des standards des années 60.

Le site du groupe