Voici le premier disque des années 80 à être chroniqué ici. Pourquoi celui-ci plus qu’un autre? Uniquement parce que je l’ai trouvé d’occasion il y a peu, lors du Disquaire day alors que l’excellent disquaire Les balades sonores vendait un stock à prix d’ami.

Je n’aime pas les années 80. Je ne suis pas le seul. Elles sont moches. Elles représentent le fric. Les coupes de cheveux sont horribles. Les jupes s’arrêtent en dessous des genoux. Pourtant soufflait un vent de liberté : on abolit la peine de mort, on a le droit d’être objecteur de conscience et les radios sont enfin libérés.Peut-être justement à cause de ça, la musique pop rock  a, dans ses années là, subit une sorte d’uniformisation. Le 50 fait des ravages. Le Fairlight, synthétiseur à la mode et très puissant envahit aussi bien les albums de Peter Gabriel, Mike Olfield que ceux de Daniel Balavoine et France Gall, et chaque titre qui passe à la radio y va de son solo de guitare joué par un requin de studio en mal d’amour.

Pourtant, les années 80 sont musicalement, et fort heureusement, loin d’être cantonnées à la pointe de l’iceberg commercial. C’est même un truisme que de l’énoncer. Toute la marge post punk, cold-wave, noise etc a produit un nombre inconsidérables d’excellents albums, que l’on redécouvre parfois sur le tard, mais qui avait déjà son public à l’époque. Pourtant, et c’est cela qui me perturbe à chaque fois avec ces foutues années 80, il me faut à chaque fois me mettre en condition pour écouter aussi bien Kas Product que Talking Head, Joy Division, Minimal Compact ou bien encore Sister of Mercy. La musique de ces années là ne va pas directement dans le même endroit de mon cortex que celle des années 60, 70, 90 ou après. Il y a toujours un temps d’adaptation. Toujours.

Cela étant dit, The Tapes, c’était qui ? Un groupe néerlandais, figurez-vous, et ça ce n’est pas la première fois sur Disques Obscurs. Il est composé de Dennis Duchhart (Claviers), Igor Roovers (basse), Michiel Brandes (guitare), Peter Meuris (Batterie) et Rolf Hermsen (guitare et chant). Ils débutent en 1977, ont apparemment quelques accointances avec Nits, mais en fin de compte, on ne sait pas grand chose d’eux, tout du moins en France. Party est leur deuxième album. Il s’inscrit parfaitement dans cette mouvance post punk/new wave. Néanmoins ce n’est pas expérimental, ce sont des vraies chansons, avec une base rythmique particulièrement convaincante. La voix, souvent trafiquée comme à l’époque peut déconcerter de prime abord. Toujours est-il que l’ensemble des titres, d’une grand homogénéité, prend de l’épaisseur après quelques écoutes. C’est certes daté 80, ça a les défauts de ce qui peut nous attirer (je me comprends). Mais c’est aussi bien construit et pour tout dire, il se dégage une certaine classe que fait déjà pressentir la pochette.

Un album que l’on peut trouver en vinyle assez facilement aux Puces ou bien ici à des prix très divers ! et dont on ne regrettera pas l’achat. Et vous pourrez toujours le passer lors d’une soirée revival 80, effet garanti entre Claude François et Euryhtmics.