En regardant mes vyniles mal rangés, l’autre jour, je suis retombé sur cet unique album des Flambeurs mené par Simon Bendahan et Dinah Douieb, que j’avais trouvé sur une brocante, il y a quelques années. Je l’ai réécouté avec plus d’attention que la permière et unique fois que je l’avais fait, et ai dépassé la sensation de rejet initiale, due à une production que je trouvais furieusement datée.




Il faut dire qu’entre temps, mes oreilles se sont acclimatées à tout un pan de la musique française que l’on a beaucoup compilée ces dernières années et que l’on a appellé a posteri le «  ».  Je ne vais pas faire ici toute une rétrospective de ce mouvement,  dont personne ne se réclamait à l’époque, d’autres l’ont déjà fait avant et de manière très documentée. Je vous renvoie notamment au dossier du CAIRN (payant), qui est passionnant.

Verso de la pochette de Flambeurs

Bon. Dans ce début d’années 80, et plus particulièrement après , après l’élection de François Mitterand, et dans la foulée, l’avènement des radios libres, la musique se veut souvent festive. Surtout, on commence à entendre, certes trop peu, des morceaux franchement funky, mais chantés en français.

Du Funk en pleine période

Pour ce qui est du Funk, il est parfaitement maîtrisé chez Les Flambeurs. Mais revenons un peu à ce groupe.  En , en pleine percée punk, voici 5 jeunes gens, Simon Bendahan leader, guitariste et bassiset, Michel, Frédéric et Claude Abhissira, batteur pour le premier et guitaristes pour les deux autres et enfin la chanteuse Dinah Douieb qui répètent des morceaux complètement funk.

Mais c’est quand même grâce à un producteur punk, Marc Zermati (décédé en 2020), que les Flambeurs peuvent enregistrer leur premier en et sort sur le label Underdog. Il s’appelle sobrement Funky Music, et effectivement, le morceau principal est bien dans le sujet. Cet EP se vend d’ailleurs plutôt pas mal.

Du Boogie aux cuivres percutants

L’album, lui, paraît en et il est produit par le saxophoniste Bruce Grant, et l’on entend bien qu’un cuivriste est aux manoeuvres. Car si sur l’EP l’on entendait un peu plus les guitares, là, les pêches de cuivres rythment les 9 chansons de la galette. Le chant de Dinah Douieb lui  est, on va dire, particulièrement volontaire.

Concernant les paroles, on s’éloigne de la variété, pour parfois aborder des thèmes un plus sexy ou de société, mais bon, ce n’est pas le point fort du genre, et d’ailleurs ce n’est pas pour ça que l’on va réécouter ce disque. Non ce que l’on retient surtout c’est que ça joue, et plutôt bien. Et que dans la mouvance dite du « French Boogie », Les Flambeurs avaient une cohérence quand d’autres ont souvent fait des « coups » d’un single.

Bref Les Flambeurs avaient un avenir prometteur, mais le groupe a clashé après peu de temps après la parution de l’album. Ce qui arrive souvent, convenons-en. Dinah Douieb, est devenu par la suite productrice de Raï et Simon Bendahan a continué aussi dans la musique, notamment en jouant avec Sapho.

Flambeur$ n’a jamais été réédité, et c’est bien dommage, il pourrait de nouveau touner sur des dancefloors exigeants.

Les Flambeurs ‎– Flambeur$
Label: Overcat ‎– ZL 37616
Parution 1982