pochette de l'album de Christopher

Partons au Texas, en 1968, un groupe se nomme United Gas, c’est un trio, Doug Tull à la baterie, Doug Walden à la bass et au chant principal, Richard Avitts à la guitare et au chant. Ils deviendront Christopher, à cause de Saint- Christophe, le saint des voyageurs, car oui, il y  a un saint pour à peu près tout, c’est ça qui est pratique avec la religion chrétienne. Et effectivement, le groupe se revendique comme empreint de religiosité. De là à parler de il n’y a qu’un pas, que nous ne ferons pas forcément. Car la déesse drogue est présente aussi, époque oblige, et que l’écoute de cet unique album éponyme donne plus envie de fumer un pétard (envie que nous saurons savamment réprimer) que de s’agenouiller pour prier.

Revenons à notre trio texan, qui a trouvé une maison de disque, Metromedia, maison de disque liée au groupe de média du même nom. Des sessions d’enregistrement débutent au très beau printemps 1969, mais Doug Tull prend trop de drogue et en vient à tenter de se suicider, ce qu’il ne réussit pas. Mais du coup, il est viré du groupe, ce qui, entre nous soit dit, ne résulte pas d’une attitude foncièrement chrétienne de la part des deux autres membres. Saint-Christophe a bon dos. Tull est donc remplacé par deux batteurs pour les sessions studios (« Pourquoi deux batteurs? Parce qu’il y en a toujours un qui n’est pas là », disait Jacques Higelin dans son live à Mogador). L’un des deux, Terrance Hands, fit la tournée de promo au Texas (le groupe était parti entre temps à Los Angeles, the place to be de l’époque). Et puis voilà. Le groupe n’a pas vraiment tenu beaucoup plus longtemps.

Reste donc un disque dont la référence à Cream est absolument indéniable. Bien évidemment, les musiciens ne sont pas de la trempe de Ginger Baker, Jack Bruce et Eric Clapton. Néanmoins, dans le style rock heavy , l’album se défend plutôt bien.Certes, les soli de guitares ont parfois tendance à s’étendre, mais c’est l’époque qui veut ça. Les compositions ne font pas pâles figures et les délires mystiques sont bien maîtrisés. En dépit de ce que dit cette critique, l’album est très cohérent, et les arrangements soignés sans en faire trop. On peut aussi parfois penser à H.P. Lovecraft, notamment dans la chanson Burns Decision.

Doug Tull a rejoint le groupe Josefus, pour finir par se suicider pour de bon en prison en 1990. Avitts mène une vie de famille paisible et Doug Walden a joué dans différents groupes de blues jusqu’à sa mort en 2007.

L’album Christopher a été réédité dans les années 1990 en cd et LP sans la permission des membres. Il est maintenant réédité légalement et avec soin chez Out-sider / Guerssen et se trouve chez les bons disquaires.

 

Si vous aimez : Cream, H.P. Lovecraft, les soli de guitare pas trop interminables quand même, Saint-Christophe