Pochette de l'album de Spiteri

L’album de Spiteri (1973)

Voici un groupe qui ne s’est pas embarrassé pour le nom. En effet, les frères Spiteri en sont à la manette. Dès lors ils auraient pu s’appeler les Spiteri Brothers, mais comme ils sont vénézuéliens, c’eût du être Spiteri Hermanos, oui mais voilà, comme l’aventure s’est plutôt joué à , Spiteri en fin de compte, ce n’était pas si mal.

Revenons sur les deux frangins. Jorge a fait parti de nombreux groupes vénézuéliens aux joyeux noms de Los Nasty Pillows, Fantastic Guasacaca, et surtout Los Memphis, dans lequel œuvrait déjà son frère Charlie.

Jorge et Charlie, donc, décidèrent un beau matin de se rendre à Londres, car voyez-vous, ils trouvaient que la musique qui s’y faisaient n’étaient pas mal du tout. Et ils avaient bien raison. Nous sommes au début des années 70, et même si Londres avait perdu de sa superbe, elle n’en était pas moins attrayante pour des musiciens du .

Après avoir joué en duo quelques morceaux de dans les pubs, les deux frangins se sont acoquinés avec une ribambelle d’excellents musiciens, issus eux aussi de la diaspora vénézuélienne. Jorge écrit les chansons, Charlie chante et s’occupe des percussions, Bernado Hall est à la batterie, Joseito Romeiro à la guitare solo, et Chema devient le fabuleux bassiste du line up. Micho les rejoint à la flûte. Tous sont d’excellents musiciens.

Tout ce beau monde enregistre donc à la fin de l’année 1973, un album particulièrement brillant. Jamais la fusion entre les diverses tendances du rock, comme on pouvait entendre dans les années 70 et la musique « sud américaine » (pour faire vite) n’a été aussi majestueusement réussi.

Même si Spiteri devient une référence pour les groupes Vénézueliens et une curiosité à Londres, (ils font quelques dates avec The Faces de Rod Stewart) le groupe fera long feu en splittant à la fin de l’année 1974. L’album, lui, restera confidentiel. Le label Vampisoul a heureusement sorti de l’ombre ce petit joyau en 2010. Soit plus de 35 ans après sans qu’une ride n’ait été prise. La réédition CD contient une poignée d’inédits et de démo. La version vinyle, qui ne contient que l’album, est de très bonne facture. Le pressage est plus qu’honnête. Sur la pochette intérieure, un long texte (en anglais et espagnol) explique très bien l’histoire du groupe (et donc je  ne vous raconte pas tout). Bref une réédition parfaite pour un album vraiment essentiel qui vous mettra forcément de bonne humeur.


On trouve les versions originales de l’album ainsi que la réédition de Vampisoul ici.