Lorsqu’il y a déjà quelques années, j’ai posé l’unique album d’Enski Boski sur ma platine, j’ignorais totalement qui il était, et mes recherches sur le net demeuraient alors vaines. Qu’à cela ne tienne, l’écriture de ce blog m’a appris qu’il fallait être patient dans ce genre de cas, qu’il y a aura bien un jour où l’on trouvera un peu de contenu à se mettre sous la dent.
Il n’aura pas fallu longtemps car dès 2022, Melvyn Z Pad postait I found Jesus in a Gay Bar sur son bandcamp. Et Melvyn Z Pad a pris plusieurs pseudos dans sa vie, dont Enski Boski. Mais j’ai un peu procrastiné, j’ai mis du temps à écrire cet article.
Hamster Records And Tapes était un label indépendant britannique fondé dans les années 1980 par Terry Burrows, un musicien et producteur prolifique de la scène underground, avec l’idée de donner une plateforme à des artistes marginaux, souvent issus de la scène punk, new wave, synth-pop ou expérimentale. Le label était connu pour son approche artisanale et sans compromis, avec des pochettes de disques souvent réalisées à la main et des pressages limités.
Parmi les artistes publiés, on y retrouve, outre Terry Burrows lui même, l’inénarrable R. Stevie Moore , Young Analyst et d’autres inconnus, dont Melvin Z Pad, sous le non de Penal Colada d’abord, puis Enski Boski. Et si la plupart du catalogue se retrouve sur ce bandcamp, on n’y retrouve pas celui qui nous intéresse précisément aujourd’hui.
Ce qui explique que Melvin a voulu réparer cette injustice en le publiant sur le sien, de bandcamp. Mais revenons à cet album au titre absolument provocateur, surtout pour l’époque, mais après tout Jésus aime les siens, n’est-ce pas ? Reste que la musique n’est pas non plus consensuelle. Si Melvin a l’habitude de créer ses albums tout seul avec un portastudio, il pousse loin ses expérimentations. Le son est minimaliste, syncopé, parfois jazzy, avec des guitares distordues et des synthés cheap qui rappellent l’esprit des premiers Eno, mais en plus chaotique et théâtral. Les mélodies sont distordues et le chant sépulcral volontairement faux. Bref, un disque à ne pas mettre dans toutes les oreilles, mais le titre nous avait déjà prévenu, n’est-ce pas ? Mais pour qui veut découvrir un pan inconnu du la cold wave/post punk, alors cet I found Jesus in a gay bar est parfait.
Melvyn Z Pad continue a faire ses trucs un peu tout seul dans son coin, notamment sous le nom de Berbel Nobodius, dont le premier album ambiant était déjà paru chez Hamster Records.
Enski Boski – I found jesus in a gay bar
HAM13