Pochette Psych Funk 101

Première de fouineur de bacs chroniquée sur Disques Obscurs, Psych Funk 101 répond à un cahier des charges très précis.  Il s’agissait pour des étudiants d’universités de Los Angeles, San Francisco, Toronto, Paris, Istanbul, Cario, Lagos et Addis Abeba d’appréhender le «  funk » . Il est sérieusement expliqué sur le verso de la pochette que la « psychedelic funk music »  n’est pas du « funky psychedelia music ». Comme c’est en anglais, je n’ai pas bien saisi toutes les différence subtiles, néanmoins, la compilation semble s’intéresser dans l’ordre

  1. aux rythmes funk
  2. à la musique folk régionale
  3. aux fioritures psychédéliques, ce qui inclut la guitare fuzz, mais pas que.

Et bien sûr, tous ces éléments doivent s’imbriquer les uns dans les autres, le terrain de chasse, lui, est le monde entier…

Je passe sur les autres postulats, tous aussi peu universitaires les uns que les autres (James Brown promu Dieu le père de la Soul et ministre de la « super heavy funk » par exemple).

Passons au contenu : des 45 tours, ou chansons isolées d’un LP, qui viennent de Turquie, du Nigeria, d’Ethiopie, de Corée du sud, de Grèce, d’Iran, d’Allemagne, d’Italie, du Liban, de Russie et de France. On s’attend à ce que cette foison de raretés au titre alléchant, mais sûrement trop subtil, propulse du groove à gogo. Disons le tout de suite, il n’y a pas un morceau pour faire péter le dance floor. En dépit pourtant d’un titre rare de Mulatu Astakte, roi du groove éthiopien.   Passée la déception première, il faut bien avouer que cette compilation contient tout de même quelques perles, comme ce morceau de folk fusion turc qui ouvre l’album et dont je vous laisse découvrir le nom :

D’autres titres semblent plus anecdotiques, mais c’est souvent le cas de ces recueils un peu pointus, et c’est souvent ça qui fait leur charme. Ce qui semble plus gênant, en revanche, outre un son qui ne semble pas avoir été remastérisé, c’est cette sensation qu’il n’y a pas de réel fil conducteur. La période balayée (1967-1980) est à la fois trop grande et trop disparate. On passe de vrais morceaux folkloriques à ce qui pourrait être apparenté à de la library musique.

Exemple ce somptueux morceaux du guitariste égyptien Omar Khorshid :

Et ce non moins somptueux morceaux d’illustration sonore Italien :

Dès lors ce genre d’album peut poser un vrai dilemme à un éventuel acquéreur. Il est quasiment indispensable, par la qualité des titres qu’il contient, mais il est aussi décevant…  si vous n’avez pas lu cette critique avant ! Mieux vaut le prendre pour ce qu’il est : une très bonne compilation de wolrd musique.

Comme il date de 2009, vous pouvez trouver ce double LP à prix raisonnable chez votre disquaire habituel, ce qui peut faire pencher la balance pour l’achat. Non, je ne pousse pas à la consommation, vous n’avez pas besoin de moi pour ça!

Si vous aimez : les compils Love Peace  Poetry et Easy Tempo, la guitare fuzz, la music, les noms imprononçables