Grande nouveauté de l’année 2019, nous allons mettre un peu plus en avant les labels qui s’occupent de nous faire redécouvrir les disques oubliés en les rééditant ou en sortant des inédtis- en vinyle. Pour commencer, on est allé interviewé un membre éminent du label associatif Vapeur Mauve, Christian Tanguy. Avec une publication annuelle d’un disque jamais édité auparavant, fait dans le peu, mais dans le bien. Nous avions déjà parlé, entres autres, de Zig Zag, très bel opus . Depuis quelques jours, une nouvelle galette – de janvier, donc – est à rajouter au catalogue, il s’agit d’Evohé, avec deux longs titres sur un Vinyle livré avec un cd qui comprend d’autres titres.

logo vapeur mauve

 

Comment a commencé l’aventure Vapeur Mauve ? Combien êtes-vous dans l’équipe ?

Le label a été créée en décembre 2011 sous forme d’association. à l’origine nous étions une quinzaine de membres tous issus du forum rock 60-70, et du webzine Vapeur Mauve (d’où le nom du label) actif de 2007 à 2011. Peu à peu, l’équipe s’est restreinte jusqu’à se stabiliser depuis quelques années à 5 membres. Les autres deviennent sympathisants. Le choix du support vinyle s’est fait naturellement, celui-ci était en effet le support privilégié de nos années de référence.

Comment choisissez-vous les disques que vous aller publier ? comment trouvez-vous ces enregistrements qui ne sont jamais parus ?

Pour les différents projets potentiels, les infos proviennent des différents membres du label , et de certains autres membres du forum. Nous fouillons aussi le net à la recherche d’info (réseaux sociaux, forum, etc.). On fait marcher des contacts avec des musiciens ou journalistes spécialisés ou  bien les infos proviennent tout simplement par le bouche-à-oreille. Par exemple pour le premier projet du label, Absalom, c’est un des membres du label – qui a également son propre label – qui a eu des infos avec l’un de ses contacts aux USA qui était lui-même ami avec un des membres du groupe Absalom.  La relation s’est créée ainsi et nous avons pu obtenir les bandes studio.

Pour les différents disques que nous publions, le choix se fait collégialement après discussions. Nous privilégions des enregistrements effectués au cours des décennies 60 et 70

 

Parle-nous  du dernier album qui vient de paraître, Evohé, comment les avez-vous connus ? C’est quel style ?

Pour ce dernier projet, qui vient juste de sortir, j’en suis à l’initiative. J’ai eu connaissance de ce groupe par le biais d’un post sur Facebook et j’ai appris que ses membres avaient enregistré en studio… et que les bandes n’avaient jamais été publiées..

Après recherches, j’ai réussi à trouver le nom de l’un des musiciens Roger Lahana, que j’ai ensuite réussi a contacté à travers un blog. Il m’a fait écouter les enregistrements qui m’ont enthousiasmé.

J’en ai fait part à mes collègues qui, eux aussi, ont été emballés.

J’ai informé Roger qu’on voulait sortir un album de ces bandes et il a contacté les deux autres membres encore vivants du groupe. Tout le monde s’était perdu de vu depuis longtemps, (depuis 1981 pour Stéphane Consalvi).

Ceux-ci ont répondu favorablement, surpris par notre intérêt. Par chance un des membres, Philippe Perrichon, habite en Bretagne, tout comme moi, et du coup nous nous sommes rencontrés afin de peaufiner le projet.

Les musiciens, enthousiastes, se sont occupés du visuel et du choix des morceaux ainsi que de la remasterisation de ceux-ci.

Leur musique est exclusivement instrumentale et constitue de longues pièces, chacune occupant une face du vinyle. On peut la classer dans la mouvance progressive Zeuhl.

 

Il y a –t-il des enregistrements qui vous ont échappés ? que vous n’avez pas pu publier ? ou bien que vous n’avez, en fin de compte, pas voulu le faire ?

Bien sûr, il y a des enregistrements que l’on aurait souhaité faire et qui nous ont échappé. Soit parce qu’on n’a pas suffisamment été prompts à la réaction, soit parce que les conditions et modalités dénoncées ne nous convenaient pas.

L’important, en définitive, c’est que ces projets puissent aboutir même si ce n’est pas chez nous. Je pense notamment à Satan sorti chez Monster Melodies.

Nous avons aussi écarté des projets qui n’entraient pas dans notre cahier des charges (réédition de groupes plus récents que les deux décennies privilégiées) ou sur lesquels on ne s’est pas mis d’accord entre membres du label.

Ces projets que nous avons écartés, nous les avons proposés à d’autres labels et la plupart d’entre eux sont sortis.

Vous publiez un disque par an ? C’est une volonté délibérée ou par manque de temps ?

Effectivement, nous sortons un disque par an environ, mais ce n’est pas un choix délibéré, on ne se met pas de pression là-dessus. Mais c’est un rythme qui nous convient bien.

Entre le choix des projets, la mise en œuvre de ceux-ci, la réalisation que nous voulons la plus aboutie possible puis le pressage, c’est à peu près le temps qu’il nous faut. Sachant aussi que toutes les décisions sont prises collégialement, cela  implique de longues discussions et argumentations… qui ne sont pas facilitées par le fait que nous communiquions à distance.

 

Êtes-vous distribué chez les disquaires ?

Oui, nous sommes distribués chez certains disquaires, des indépendants uniquement – c’est un choix. Ils sont peu nombreux, sept à huit, sur Paris et Quimper principalement. Mais le gros de nos ventes se fait par le biais de notre site ou par des ventes directes.

 

Vous connaissez un peu vos « clients » ? Si oui qui sont-ils ?

On a un noyau de clients fidèles qui nous suivent depuis le début. Mais on ne les connait pas vraiment, à part leur nom. Ce qui est sûr, c’est que ce sont des passionnés tout comme nous. Beaucoup aiment aussi notre démarche, notre vision de la musique et de sa distribution.

La majorité de nos clients sont français mais on en a aussi un peu partout en Europe et même en Asie (Japon Corée du Sud); en Australie; Amérique du Nord (U.S.A., Canada) et Amérique du Sud ( Brésil, Argentine).

 

Des projets à moyens et long terme ?

Là non plus, pas de pression. On se projette une fois un album finalisé sur le suivant – tant qu’on n’aura de la matière à travailler.

On n’a pas d’ambition particulière sur le long terme. Pour l’instant on n’a pas déterminé la prochaine parution,  on va étudier le différentes pistes à disposition.

 

 On peut en savoir un peu plus sur toi ? Tu possèdes combien de disques ?

Je suis un jeune retraité ! Après une carrière dans le secteur du bâtiment dans lequel j’ai exercé différents métiers (conducteur de travaux, commercial, directeur d’agence)

J’écoute de la musique depuis mes 12 ans et je suis resté fidèle au rock. J’ai une écoute assez éclectique mais avec une affinité particulière pour le psychédélique,  le garage et le folk.

J’ai commencé à acheter mes premiers disques dès que j’ai eu les moyens de le faire,  vers seize ans et ce jusqu’à aujourd’hui. Avec quand même une période creuse dans les années 80-90 où je ne me reconnaissais plus dans les musiques qui sortaient. Je ne possède pas une grosse collection ( environ 2500 LP’s et 500  45-tours) comparativement à d’autres ! J’aime bien faire les vide-greniers brocantes à la recherche de la perle rare.

Pour en savoir plus et commander Evohé et les autres publications du Label (enfin celles qui sont encore disponibles) :

Le site de Vapeur Mauve Production

Nouveau ! Le bandcamp du label